tinder, grinder ou bumble : peut-on vraiment etre intimes lorsqu’un ecran nous separe ?
A le car ou le digital s’immisce dans tous les recoins de les vies, des artistes s’interrogent dans la facon dont individu virtuel peut cohabiter avec l’idee d’intimite.
Yushi Li a le regard fixe sur la poitrine d’un homme nu avec lequel elle est occupe i sauter. Son penis flotte au sein des airs, tout comme sa queue de cheval a cette dernii?re, mais Li, bien habillee, semble preoccupee, ainsi, sa main, crispee concernant le declencheur, nous revele la realite une situation : elle est la photographe, c’est 1 parfait etranger, et une telle scene intime est la conception de la jeune femme.
Cette image est tiree d’une serie photo Your Reservation Is Confirmed, la suite de My Tinder Boys, dans laquelle la photographe chinoise a reclame via Tinder a environ 300 hommes si elle pouvait prendre un photo. Quinze d’entre eux ont accepte. Yushi, ayant besoin d’ a « questionner l’accessibilite de l’intimite a l’ere d’internet », a utilise Notre technologie moderne Afin de trouver ses themes, avant de des photographier en argentique dans des mises en scene domestiques. Notre rendu service a Notre fois une impression d’intimite et d’etrangete.
A le car ou Il est une application pour a peu pres tout et n’importe quoi – commander un repas, reserver 1 endroit ou dormir, tomber sur 1 rencard – la technologie est devenue tellement omnipresente qu’on a parfois l’impression qu’elle n’existe plus. En septembre 2018, la Global Industry Classification Standard – employee par le milieu de la finance pour definir des domaines d’activites – a supprime la categorie « technologie » de ses classifications, preferant ranger les entreprises technologiques dans differentes industries. Pourtant, loin d’avoir disparu, le digital semble s’i?tre immisce jusque dans des relations humaines, de maniere toujours un brin plus insidieuse.
C’est le sujet aborde frontalement par Yushi : en invitant ses iconnus a poser nus dans my Tinder Boys, elle reduit la distance creee avec l’ecran, et examine de pres ces corps inconnus. La culture du date reste aussi au centre de « Your Reservation Is Confirmed », une action etablissant une proximite inconfortable entre la photographe et ses modeles.
Si les photos de Yushi ont un point commun, c’est de nous pousser a remettre proprement dit les roles de genre traditionnels.
En montrant ses sujets perches au-dessus de l’evier ou en train de manger des pates, elle attribue a ces hommes des roles traditionnellement reserves a toutes les jeunes femmes, constamment rattachees au foyer. « Inspiree par des photos erotiques de femmes avec une nourriture », Yushi se met en scene entierement vetue tandis qu’ils apparaissent nus, vulnerables, ainsi, scrutes, comme ces dames le paraissent. Et pourtant, 2 points brillent via un absence dans cette exploration de l’intimite digitale : le sexe et les ecrans.
Yushi ne cherche nullement a sexualiser ces hommes : le sexe reste remplace par un confort domestique tranquille, la photographie argentique gomme l’origine digitale des rencontres. Mes accessoires ne contiennent aucune reference technologique ; des hommes jouent du piano, prennent une douche et arrosent les plantes – une entree en matii?re rappelant l’humanite d’hommes rencontres via l’interface d’un ecran. Cela a beau etre possible de denicher quelqu’un avec qui coucher en un swipe, l’intimite, la pure, necessite du temps. Ces images rappellent la collection de 2017 de l’artiste chinoise Pixy LiaoExperimental Relationship autour de sa relation avec Moro, son petit ami japonais. Mes 2 artistes ont en commun leur technique : elles utilisent 1 retardateur afin de pouvoir apparaitre a l’image, et ont recours a l’argentique concernant rendre hommage au passe.
Dans une demarche comparable a celle de Yushi, Pixy explore des limites de l’intimite, prend le controle une relation en tant que copine et photographe et renverse la traditionnelle assignation des roles de genre. L’une des images des plus frappantes – Pixy mange une papaye concernant le corps nu de son petit ami – reste une mise en scene provocante, contrastant avec ce que l’on pourrait recevoir de l’intimite d’un couple. Dans la photographie, l’exploration de l’intimite va souvent de pair avec l’idee de sincerite, laissant presager tout d’un monde cache, ouvrant une fenetre sur nos propres vies – des draps taches, un regard complice, votre geste auquel Il semble possible de nous raccrocher. En deplacant nos attentes, les photos de qu’est ce que ldssingles Yushi nous obligent questionner le role de l’univers digital dans l’alteration des moments, ainsi, donc dans la realite elle-meme.
Artiste queer aussi connu comme artiste digital sous l’alias Ped. Moreira, Pedro Moreira ne cherche gui?re a reproduire Notre dynamique relationnelle dans Significant Other, mais plutot a montrer combien la technologie affecte les interactions humaines. Sur un lit, un ecran pose via un oreiller sert de tete au personnage de l’oeuvre, interprete avec Pedro. Cette connexion – rendue possible par Skype – reflechit a toutes les mutations de l’intimite dans un monde regi par la technologie.
Le personnage reste bien present : le spectateur pourra le voir au sein des yeux et entendre sa voix – en revanche, c’est impossible de le toucher. Un rappel a toutes les sms envoyes lorsque l’on souhaiterait avoir quelqu’un pres sans dire via l’ecran d’ou l’on regarde aussi du streaming et du porno. A travers le article, Pedro souligne la maniere dont nos vraies vies imitent, plus que pas, des trames narratives fictives, amis quelques notions interactive.
La virtualisation de une quotidien pose une question essentielle : la technologie peut-elle vraiment nous rapprocher nos uns des autres ? S’il est possible de parler a un crush, a un mari de longue date ou a sa famille par videos ou messages interposes, peut-on i nouveau parler d’intimite lorsqu’il reste impossible de se toucher ?
Pour Pedro, ce flou entre realite et fiction reste un territoire familier : dans le article, l’intimite virtuelle prend la forme d’un recit positif autour de la relation longue. Chez lui, l’intimite et le loisir d’avoir un partenaire – qu’importe sa forme – parviennent a coexister dans un univers digital. il s’agit juste d’aborder la realite par une interface differente.
Une perspective loin de celle avec laquelle Yushi envisage les relations humaines : « une desir incessant du “toujours plus, forcement mieux” a gomme des asperites concernant internet, ainsi, nous a ote toute personnalite. » Neanmoins, Yushi admet que la notion d’effort reste au centre de tout echange : « bien parai®t plus accessible concernant Internet, mais ca ne diminue en pas grand chose l’effort que vous devez fournir concernant entretenir une relation sincere avec quelqu’un. » La vie a excellent etre digitale, l’adresse ne se marche pas de l’humain.
Ce billet a initialement ete publie via i-D UK.